vendredi 20 juillet 2007

La durée de vie d’un pasteur dans une église


Je traite aujourd’hui d’un sujet qui n’a pas de lien direct avec la prédication, mais qui touche la vie d’église et le ministère pastoral.

J’ai récemment lu un article sur le net (http://timmybrister.com/2007/07/19/to-be-a-misfit-in-a-world-of-impermanence/) qui parlait du problème de la courte durée du mandat des pasteurs. La durée moyenne du ministère pastoral dans une église était bien plus élevé dans le passé que ça ne l’est aujourd’hui. Et cette tendance à la baisse ne date pas d’hier.

L’auteur se base lui-même sur un ouvrage de David Wells intitulé « No Place For Truth » (pas de place pour la vérité). L’auteur déplore la dégringolade du graphique illustrant la durée du ministère pastoral lors du « passage » (c’est le cas de le dire) dans une église.

Considérez les données suivantes :

- En 1670, la durée moyenne d’un Pasteur (dans un église) était de vingt ans.

- En 1810, la durée moyenne d’un Pasteur était de quinze ans.

- En 1830, la durée moyenne d’un Pasteur était cinq ans.

- En 1860, la durée moyenne d’un Pasteur était moins de quatre ans.

L’auteur poursuit en soulignant les differences criantes de philosophie à l’époque et aujourd’hui, en ce qui concerne la relation entre un pasteur et son assemblée, et la durée de cette relation (à l’époque, équivalent à la durée de vie de ce pasteur).

Ce que m’amène à me poser la question : « qu’est-ce qui a changé pour expliquer cette tendance, où quelle est la cause de ce phénomène? »

Pourquoi est-ce que les pasteurs ne restent pas plus que quelques années dans une église? Parfois même quelques mois… Est-ce que cette alliance entre l’assemblée et le pasteur est d’une nature différente aujourd’hui, est-ce que les gens se lassent d’une seule et même personne après un temps? Est-ce que le pasteur aspire à paître un troupeau qui a un paturage plus vert?

Une chose est sûre, c’est que pour rester plusieurs années (décennies?) dans une même église, le pasteur doit apprendre à régler les conflits au fur et à mesure qu’ils émergent, et doit enseigner la même attitude à ses brebis, sans quoi la fuite sera bientôt le seul moyen de survie. Il faut que la relation soit authentique et grandisse entre les deux parties, que le pasteur soit honnête dans son service, et que l’assemblée apprenne à apprécier ce travail que leur pasteur s’applique à faire.

Encore une chose, pour conclure. Il me semble que c’est une autre raison pour avoir une pluralité d’anciens dans une église, autant que possible, afin d’établir un équilibre, combiner les forces, et contrer les faiblesses les uns des autres.

Bref, c’est un sujet qui porte à réflexion dans nos églises Quel est notre désir, notre vision dans ce domaine?



Infos:
  • Le Québec continue de s'effondrer... ces structures, au moins!
  • Daniel, au 427 et demi, a un article intéressant sur l'esprit des sectes.
  • Pour les amateurs, on connaît maintenant les finalistes de u-20 fifa, avec un affrontement à surveiller. Allez Argentine!!! (allez savoir pourquoi...)

2 commentaires:

Daniel Audette a dit...

Je pense que nous consommons les pasteurs comme nous consommons tous les autres types de produits. L'ère moderne et son petit frère Monsieur le Matérialisme nous ont appris à consommer un produit jusqu'à ce que nous éprouvions un sentiment d'ennui à son égard, puis à le remplacer si de tels sentiments d’ennui font leur apparition. Ici je parle des Églises qui « consomment » des pasteurs, mais cette même réalité vaut également pour les pasteurs: ceux-ci « consomment » les églises, pour vaincre l'ennui. La nouvelle église « bebelle » est bien plus alléchante que celle où il se trouve à ce moment précis de sa vie. C’est la nouvelle église tout dernier cri, issu de la nouvelle mode du siècle en matière ecclésiale.

Berceuse a dit...

Bonjour Tim, je suis bien contente de lire sur ce sujet. J'en parlais recement avec quelques personnes. Je suis d'accord avec toi et l'auteur que pour rester longtemps dans une église comme pasteur, il faut règler les conflits, accepter de se rendre vulnérable aussi. Je ne suis pas pasteur mais je fréquente la même assemblée depuis presque 30 ans et les pasteurs quitte, change de domaine, parfois j'ai l'impression que cela reflete la société avec les père qui abandonne leurs famille lorsque cela devient difficile. Je crois parcontre que cette situation force chacun de nous a dépendre du seul vrai Dieu, sa parole et être des aides encourageante dans la vérité bien sur pour les bergers.
En Jésus
Berceuses